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Institut de formation doctorale
Collège doctoral Sorbonne Universités

Nirmala Massin, chargée de mission, ONEMA

Nirmala Séon-Massin est chargée de mission à l'Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA). Elle répond aux questions que l'IFD lui a posées.
 

Nirmala, vous faites partie des docteurs de l'UPMC 2006 . Dans quelle école doctorale avez-vous réalisé votre doctorat ? Quel est votre parcours professionnel depuis l'obtention de votre diplôme ?

J’ai effectué mon doctorat au sein de l’école doctorale Diversité du vivant. Mon sujet de thèse portait sur l'évolution et la dynamique de la biodiversité sous la pression du changement global. Pour cela, j'ai mis en oeuvre une approche expérimentale basée sur le suivi de populations bactériennes, en complément avec une approche théorique basée sur des modèles mathématiques. Deux mois après ma soutenance, j’ai intégré l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). 

En tant qu’évaluateur scientifique à la Direction du végétal et de l'environnement, j’étudiais les dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM) envoyés par les fabricants de produits phytosanitaires et j’évaluais leur validité scientifique et réglementaire. Depuis le 1er septembre 2008, j’ai quitté mes fonctions pour rejoindre l’ONEMA  (Office national de l’eau et des milieux aquatiques).
 

Votre premier poste est-il en lien avec votre sujet de thèse ?

Non, il n’avait rien à voir avec mon sujet de thèse. L'AFSSA   a misé sur ma capacité d’adaptation et d’apprentissage. Grâce aux formations dispensées aux juniors en interne, j’ai été rapidement opérationnelle. Etre évaluateur à l’Afssa nécessitait un esprit scientifique et une capacité à l’analyse critique, des aptitudes que j'avais acquises au cours de mon projet doctoral. En outre les évaluateurs participent à la mise au point des méthodes et critères d’évaluation, ce qui est très proche d’un travail de recherche. Il faut également avoir assez de crédibilité pour pouvoir discuter et négocier sur des points techniques avec les entreprises demandant les AMM mais aussi avec les autres états de l’UE lors des procédures communautaires d’évaluation.

 
Vous êtes aujourd'hui chargée de mission à l'ONEMA. En quoi consiste exactement votre fonction ?

Je suis attachée à la direction de l'action scientifique et technique sur les thématiques « biodiversité et changement global ». L'ONEMA est l'organisme public chargé de la connaissance et la surveillance de l'état des eaux et du fonctionnement écologique des milieux aquatiques. Nous assurons à la fois un appui à la recherche et aux gestionnaires de l'eau et des milieux aquatiques. Nous aidons à faire l'interface entre les deux. Le chargé de mission dans ce cadre effectue de la veille scientifique et technique, met au point et pilote des conventions avec des organismes de recherche, participe à des groupes de travail nationaux ou européens. Il est également amené à dispenser des formations.
A l’ONEMA, la plupart des chargés de mission sont docteurs, parfois avec une expérience plus poussée de la recherche . Le directeur délégué à la recherche, par exemple, est HDR (Habilité à diriger des recherches). Le doctorat permet d'avoir une crédibilité accrue auprès des acteurs de la recherche et une compréhension plus fine des enjeux et des perspectives liés aux différents projets. 
 
Pourquoi et comment avez-vous choisi cette carrière ?

Pendant ma dernière année de doctorat, j'ai commencé à me poser des questions sur mon avenir professionnel et à me rendre compte que la recherche n’était pas ma vocation. J’ai alors suivi les formations proposées par la Maison des écoles doctorales (actuellement Département formation & carrières de l’IFD). Ces formations m’ont beaucoup appris sur les possibilités qui m'étaient offertes, m’ont aidée dans ma réflexion. Sur les conseils des formatrices, je me suis lancée dans des enquêtes-métiers. Il est beaucoup plus facile et gratifiant de rencontrer des professionnels pour qu’ils vous parlent de leur métier que de leur demander s’il y a des perspectives d’emploi dans leur environnement. Ces échanges m’ont donné une plus grande visibilité du marché de l’emploi et m’ont permis de prendre conscience de mes envies professionnelles. Grâce à ces rencontres, j’ai eu connaissance de la création d’un pôle végétal et environnement à l’AFSSA et l'ouverture de postes d’évaluateurs scientifiques, pour lesquels on m’a proposé un entretien. C’était un poste d’expert scientifique, très technique. Il était encore trop proche du métier de chercheur pour moi. C’est pourquoi j’ai envisagé de changer et postulé à l’ONEMA.
 
Quelles sont les perspectives actuelles d’emploi pour les docteurs dans votre domaine ?

Non seulement l’ONEMA et l’AFSSA recrutent actuellement mais il existe également des bassins d’emploi dans les services d’homologation des entreprises produisant des phytosanitaires (comme Bayer Crop Science, Syngenta, Basf mais aussi des petites structures et des cabinets de conseil à qui certaines firmes délèguent la constitution des dossiers). Les entreprises recherchent en effet des professionnels pour construire ces dossiers d’homologation. Les docteurs y ont leur place. Ce sont des postes à haut niveau scientifique avec une forte composante réglementaire. De plus, les salaires sont assez attractifs : 1800 à 2500 € nets par mois en fonction de l’expérience et de la structure. Dans les organismes publics, c’est aussi un type d’emploi où l’on peut concilier vie professionnelle et famille.
 
Quels conseils donneriez-vous aux doctorants et aux docteurs pour leur recherche d’emploi ?

Osez frapper aux portes, n’hésitez pas à rencontrer les professionnels et développez votre réseau. Dans le laboratoire, il y a déjà un début de réseau. Le directeur de thèse, les chercheurs connaissent forcément du monde en dehors du laboratoire. Lorsque vous rencontrez quelqu’un, ne repartez pas sans quelques noms de personne à contacter de sa part : c’est la façon la plus efficace de construire un réseau. Il faut également rester ouvert aux possibles et ne pas s’enfermer sur un sujet ou une thématique, rester aux aguets d’une situation favorable.


Interview réalisée en octobre 2008 par Claudine Prieur

31/10/15

Traductions :

    Contact

    Isabelle Grova (isabelle.grova @ upmc.fr)

    Département formation & carrières

    Escalier G, 2e étage

    15 rue de l'école de médecine 75006 Paris

    01 44 27 81 98